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Lorsque dans les années 76, le Gouvernement de la République Unie du Cameroun optait pour le DEVELOPPEMENT AUTO-CENTRE, la place de choix qu'occupe chaque élite dans sa localité était déjà reconnue. C'est pourquoi l'Etat se désengagea partiellement de la bataille pour le développement (planifié). Il était donc question que les Elites de chaque coin se jettent dans la course au développement, au profit de leurs communautés. C'est encore le même nouvel esprit économique qui prévaut dans le LIBERALISME COMMUNAUTAIRE depuis 1982 et à juste titre, car les problèmes de développement et leurs priorités ne sont bien cernés que par les concernés eux-mêmes dans la mesure où ils les vivent au quotidien. Même quand les pouvoirs publics interviennent, c'est toujours au regard des doléances exprimées par les populations locales. Or, qui est le porte-parole de ces populations, sinon leurs élites? Mais seulement, les élites deviennent le moteur du progrès dans la nouvelle philosophie du développement et ne se tournent vers l'Etat que pour le prier de bien vouloir soutenir les efforts déjà entrepris. C'est le lieu de chercher à mieux saisir le sens et la portée d'une élite dans un village comme Fotouni.
Dans l'imagerie populaire, on entend par élite quelqu'un qui a réussi dans la vie et qui émerge sur le plan social. Cette émergence de l'élite l'amène la plus part du temps à intervenir ou bien à investir dans le sens de l'intérêt général au sein de la communauté à laquelle elle appartient. C'est la raison pour laquelle nous entendons parler des élites de telle famille, de tel village, de tel arrondissement ou département ; des élites de telle ou telle province.
Le langage courant fait également état des élites intérieures ou extérieures de telle ou telle localité. Au fond, il y a autant de catégories d'élites qu'il y a de branches d'activité et de divisions du savoir: élites intellectuelle, économique, religieuse, financière, traditionnelle, morale, politique...
Dans le dictionnaire Petit Robert, ce terme signifie: l'ensemble de personnes considérées comme meilleures, les plus remarquables d'un groupe, d'une communauté". Employé au pluriel ce mot d'élite renvoie aux "personnes qui occupent le premier rang de par leur formation, leur culture". Nous comprenons donc que les élites ne sont pas n'importe qui dans la localité d'origine. Ce sont de gens très respectueux, respectables et respectés parce qu'ils excellent sur plusieurs plans. Leur comportement général, leur conduite dans divers milieux, leurs déclarations publiques dans de différentes circonstances les démarquent de la masse et de l'ordinaire. C'est généralement des personnes de bonne moralité, de bonne volonté, de bonne foi parce que bien formées et bien informées, c'est-à-dire bien élevées et bien cultivées.
L'emploi du mot “meilleures ” et de l'statement “ premier plan ” dans la définition du mot élite implique l'idée d'excellence, de distinction, de supériorité, d'éminence, de perfection et cela a une portée éthique : amour du prochain, sens du sacrifice, disposition à œuvrer pour le bien commun. L'idée d'effort pressentie dans le sens du mot élite montre que la qualité d'élite ne s'improvise pas, ne se décrète pas, ça se conquiert et on peut même la perdre si on ne la préserve pas. Autrement dit, on ne naît pas élite, on le devient au terme d'un parcours (du combattant). Souvent, il suffit d'un petit scandale décrié par la société pour que le statut d'élite vous quitte.
Au fait, il y a un comportement élitaire et cela n'est pas à la portée du commun des
hommes :
- Ne pas être malhonnête dans ses rapports avec autrui,
- Ne pas être marginal (sauf si on est un génie incompris) ;
- Une élite ne pose pas un acte qui appelle la honte ;
- Elle ne fait pas des déclarations ridicules;
- Elle ne prend pas des positions gratuites et partisanes.
Tout ce qu'une élite dit, fait et pense doit être bien réfléchi puisque l'élite c'est le modèle d'homme auquel tout le monde tend à ressembler. La classe des élites, dis-je avec autorité, est une classe qu'on ne redouble pas puisque au départ, on n'y admet pas les clochards, les misérables, les chômeurs, les arrivistes, les aventuriers et autres damnés de la société. C'est une classe sélective, une classe des meilleurs où ceux qui s'inscrivent ont fait leur (…) cette maxime de KANT dans les FONDEMENTS DE LA METAPHYSIQUE DES MOEURS : “ Agis de telle sorte que tu traites l'humanité, dans ta personne et celle d’autrui, toujours en même temps comme une fin et jamais simplement comme un moyen".
Cette pensée du philosophe Allemand KANT signifie qu'une élite est un humaniste, c'est-à-dire celui qui place l'homme au centre de toutes ses préoccupations. Telle est la mission des élites et c'est pour cela qu'elles occupent leur premier rang dans leurs localités d'appartenance. C'est aussi la raison pour laquelle une élite doit soigner son image de marque en se respectant, en respectant les autres pour être respectée de tous. Il ne peut en être autrement puisque élite est proche du verbe élire, c'est-à-dire choisir. Et le milieu d'élite est fait d'homme choisis, d'hommes élus pour leur richesse morale et leur bonheur matériel. En définitive, dans un cadre d'élite, tout choix est un bon choix, c'est-à-dire le choix de ce qui est bien pour le bien-être de l'ensemble de la communauté puisqu'il existe un lien ombilical entre les élites et les populations autochtones. C’est ce genre de personnes dont Fotouni a besoin.
Les rapports qui lient les élites à leurs communautés d’origine sont des rapports de dépendance, ce sont des rapports Nord-Sud. Car, dans toutes les communautés où elles existent, les élites sont considérées par les membres du groupe comme les promoteurs du développement local. Dans le cas d'espèce, n'est ce pas des fils du village qui ont installé à Fotouni, la carrière de pierre, les usines à café, la ferme avicole, les cultures maraîchères, les téléboutiques ? N'est ce pas les élites Fotouni qui ont doté le village avec l'aide de l'Etat d'un centre de santé développé, de la lumière Sonel, de la téléphonie rurale et bientôt de la ferme-école, de la radio rurale ? Tirons le chapeau au CODEFO de WITBA SOP SAGOUN NGANKAM Jean et de M. FOYET Michel, Ingénieur Agronome. Mais, aussi aux particuliers comme MM. MBOULA Michel, Débonnaire KUEDA, FONDJO Andolors, NKAMGA Jean-Pierre, NGUESSIE Joseph, PATEGOU Joseph, MBOMGIN Gabriel dit SOPPO, SILIENOU Christophe, FOPEKEU, NZEULIE Gabriel.
Au fond, l'élite regroupe en son sein des sommités de chaque branche d'activité et de chaque domaine du savoir en sorte que par son pouvoir et son savoir et les relations humaines qui en découlent, elle peut frapper à toutes les portes et être bien servie au profit du village. Cela est possible par le fait que le milieu d'élites regroupe intellectuels, politiciens, moralistes, hommes d'affaires, industriels, usiniers, commerçants, religieux. C'est pour cette raison que la communauté attend beaucoup de ses élites. Ces élites se reconnaissent par les signes extérieurs que sont le rang social, les biens meubles et immeubles, l'argent en espèces, les voitures et les maisons. A ces biens matériels qu'on voit et qu'il ne faut pas négliger, s'ajoute un critère intérieur qu'on ne voit pas et qui compte : les qualités morales et intellectuelles qui se manifestent par l'esprit d'équité, l'amour des autres, la soif de bien faire, la peur de la honte et de l'égoïsme, le désintéressement et l'honnêteté.
En retour, les élites attendent des membres de leur communauté qu'ils reconnaissent les bienfaits et préservent les acquis contre les intempéries et les éventuels vandales. En fait, toute œuvre d’une élite est à la fois intéressante et intéressée. Intéressante, parce qu'elle profite à tout le monde, intéressée parce qu'elle suscite admiration et encouragements. D'une façon décisive, une élite qui se contenterait d'être élite sans qu'on ne voie son impact sur le champ social serait une élite moribonde condamnée à disparaître (fut-elle une élite bourgeoise ou intellectuelle).
Toute élite digne de ce nom doit être en contact permanent avec sa communauté dont elle est tenue de connaître les problèmes en vue de leurs solutions possibles. C'est ce que fait le CODEFO dans ses efforts pour étendre le réseau Sonel à travers le village et obtenir un CES à Fotouni.
En définitive, l'expérience enseigne que si l'élite n'existe pas dans une communauté, il est urgent de la constituer pour lancer ou relancer le développement du coin. Telle me semble être la leçon à donner. Car de tous les combats que l'homme doit livrer, seul vaut le combat contre la misère et l'ignorance, c'est-à-dire un combat pour l'accroissement des richesses matérielles et des savoirs théoriques. On comprend pourquoi le premier pas à esquisser sur le chantier du développement, c'est le changement des mentalités pour faire comprendre à chacun et à tous là où se situent le bien et le bien-être de l'homme, de tout l'homme et de tous les 'hommes. Faut-il pour terminer nous référer à un penseur, je choisirais DESCARTES qui soutient dans le DISCOURS DE LA METHODE qu'il est possible pour l'homme de parvenir à des connaissances qui soient fort utiles à la vie et par lesquelles, maîtrisant la force et les actions du feu, de l'air, de l'eau, des astres, des cieux, et de tous les autres corps qui nous environnent, il peut les employer à tous usages auxquels ils sont propres et ainsi se rendre comme maître et possesseur de la nature.
Michel FOYET
Bafang, Tél. 48. 61. 85
LE CODEFO: aujourd’hui ou jamais.
Le 11 Août 2001, les Fotouni de toutes les couches, les hommes comme les femmes, les jeunes comme les élites sont sortis de tous les coins du village et de la diaspora pour mettre sur pied, comme un seul homme, un nouveau bureau exécutif pour un nouveau départ. Les vacances et la récréation avaient déjà trop duré après la démission de l’ancien bureau de ses fonctions par la plus haute autorité de Fotouni, sa Majesté Fo Temdemnou Fondjo Maurice.
Organisées à l’américaine pour éviter toute frustration, les élections se sont ténues de manière transparente et démocratique. La population a porté sa confiance sur ma modeste personne, reconnue par ma transparence, mon dévouement pour la cause communautaire et ma grande expérience en techniques de développement rural et communautaire.
Au regard du nombre très élevé de personnes qui ont honoré de leur présence les assises du CODEFO à cette journée des élections, nous sommes sûrs que les attentes des Fotouni vis-à-vis de notre bureau sont immenses et légitimes. Nous tenons à préciser qu’elles ne seront pas déçues ni surprises par la qualité des décisions qui seront prises ni la dimension des travaux qui seront engagés si tout le monde fait du destin de Fotouni le sien en se demandant chaque jour ce qu’il a fait de Fotouni. Les travaux à réaliser seront circonscrits, déterminés et jalonnés avec le concours de chacun et de tous. Tout le monde, sans exception aura son mot à dire : Autorités traditionnelles, notables, élites, les jeunes et les étudiants sans oublier surtout les femmes qui portent quotidiennement le lourd fardeau des travaux dans notre communauté.
Celles et ceux des Fotouni qui ont des projets spécifiques à proposer ou à faire seront les bienvenus. Seulement, pour assurer une meilleure coordination et éviter des doubles emplois, toutes les actions, quelles qu’elles soient devraient être portées à la connaissance du bureau exécutif pour avis et suivi éventuel.
Mon bureau et moi sommes conscients de l’étendue du travail qui nous attend. Cette tâche, vous vous en doutez, sera un travail de longue haleine qui demandera beaucoup de sacrifice en temps, en intelligence en patience et surtout en argent. Cependant, il faut qu’il soit connu de tous, nous travaillerons de manière participative pour mieux impliquer toutes les populations aux actions avant, pendant et après. Nous comptons sur tous et sur chacun de nous pour réussir et faire de notre communauté une référence, un repère ou un objet d’admiration dans la région. La communauté doit compter sur nous en sachant que sa confiance ne sera pas trahie. Ce sera réconfortant pour tout le monde.
Réaliste, innovateur et pragmatique, nous avons développé une stratégie d’approche et un plan d’action articulé autour d’une dizaine de points fédérateurs identifiés à partir des principaux problèmes de développement de Fotouni. Il reste indicatif mais prend en compte les atouts et les faiblesses du CODEFO. Sur la haute impulsion du président et de son bureau exécutif, ce plan d’action va se matérialiser grâce à la mise en valeur des potentialités dont regorge Fotouni tant sur le plan humain, intellectuel, économique que relationnel. Pour le faire, une stratégie de mobilisation communautaire sera développée pour susciter l’action et la participation de tous dans un élan de gaieté, d’autosatisfaction et de patriotisme.
L’exécution efficace, crédible et réaliste de ce plan d’action aura besoin d’une équipe intègre, dynamique et douée d’un sens élevé de volontariat. Cette exigence et la nature du travail à abattre ont imposé le choix des hommes, la plus part pour leur bonne moralité et leur honnêteté, d’autres pour leur abnégation et leur dévouement aux impératifs communautaires, et certains pour leur expérience et leur détermination
Le CODEFO est connu mais pas reconnu au regard de la loi. Sa personnalité juridique est contestable et nous comptons corriger cette situation qui peut être préjudiciable. Dans la même lignée, un nouveau système de gestion avec des outils spécifiques sont en cours de conception pour rendre la gestion de l’organisation plus transparente.
Dans le cadre des projets, nous proposons non seulement à contribuer à la lutte contre les MTS/SIDA dans notre communauté, mais aussi à engager une lutte sans merci contre la pauvreté et continuer autant que faire se peut l’électrification de notre contrée. L’entretien des pistes rurales fait part de notre priorité sans oublier la réhabilitation des points d’eau pour fournir à la population de l’eau potable. Un accent particulier sera mis sur la communication pour permettre à tous les Fotouni où qu’ils soient de savoir ce qui se passe sur le terrain, de dire ce qu’ils pensent ou ce qu’ils ont ou veulent faire pour le village personnellement.
Comme quoi personne n’est de trop dans le chantier de développement de Fotouni notre village à nous tous. Toutes nos actions seront appuyées par l’éducation et la formation. En dehors de la contribution intellectuelle et physique, chacun de nous devra mettre la main dans la poche car cette vaste entreprisse nécessitera de l’argent.
Ce plan d’action qui tient lieu de credo, se résume de la manière ci-après :
Formalisation du CODEFO
Poursuite de l’électrification du village
Aménagement des points d’eau gravitaires
Appui aux communautés religieuses
Lutte contre les MST/SIDA
Lutte contre la pauvreté par des micros projets générateurs de revenus
Protection de l’environnement
Mettre en place un réseau/système de communication dans la communauté Fotouni de l’intérieur et de l’extérieur
Initiatives pour la valorisation de la culture locale
Sielinou André
Président National Du CODEFO |